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UNE SENTINELLE

DU FLEUVE SAINT-LAURENT

CANAL D: Documentaire Le naufrage de l'Île-aux-Oeufs

 « Je m'inquiète de voir disparaître

 les  fruits de deux cents ans de vie marine.  On oublie que le Québec a été un pays de marins, ce dont les phares témoignent. Des centaines d'années d'histoire, d'architecture, d'ingénierie, de lanternes et de miroirs, 

ce n'est pas rien. »​​

« Grands mercis et bravo à ceux qui nous proposent d'en remarquer l'élégance, la beauté et l'intérêt. Saisissons donc l'occasion, comme pour notre

langue en danger,

 d'affirmer que nous sommes cette histoire, que le fleuve est

lui aussi notre terre. »

Joël Le Bigot, Préface du livre, 

Les sentinelles du Saint-Laurent. 

Sur la Route des phares du Québec, de Patrice Halley

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INTRODUCTION

   UNE ÎLE DE

NOMBREUX NAUFRAGES

De tout temps, l'Île-aux-Oeufs a été reconnue comme un site ­­d'importance pour la nidification de nombreux oiseaux aquatiques. La présence d'une multitude d'oiseaux de mer qui, chaque année depuis des siècles, viennent nîcher et couver leurs oeufs sur les rochers de l’île est à l'origine de son nom. Dès le 17e siècle, les premiers explorateurs désignent cette île sur les cartes géographiques sous l'appelation de l'île aux Oeufs.

Toutefois, l'Île-aux-Oeufs doit sa renommée à un célèbre naufrage survenu dans le golfe Saint-Laurent sous le Régime français: le naufrage de la flotte de Walker. Dirigée par l'amiral Sir Hovenden Walker, une dizaine de navires de l'imposante flotte anglaise de 60 navires s'échouent, dans la nuit du 22 au 23 août 1711, contre les récifs de l'Île. L'amiral Walker perdit environ 900 hommes forçant ce dernier à abandonner l'attaque de Québec.

Afin de protéger les marins contre les dangereux récifs de l'île, le gouvernement du Canada y construit, en 1871, un phare et la maison-phare sur ses plus hauts rochers. Ce site vise à faire connaître l'Île-aux-Oeufs, le phare et la maison-phare, où cinq gardiens et leur famille ont vécu entre 1871 et 1970, dont notamment les gardiens de phare Elzéar Chouinard et son fils Émile, qui ont veillé au fonctionnement du phare de 1911 à 1958.

C’est mon père, Robert-Patrick Chouinard, né à Rivière-Pentecôte en 1922, qui m'a transmis cet intérêt pour l'Île-aux-Oeufs et ses phares. En nous racontant ses souvenirs d'enfance, ses étés passés sur l'île en compagnie de son grand-père Elzéar Chouinard et sa grand-mère Élise Fraser, son oncle Émile et ses tantes Irène, Germaine, Yolande et Gabrielle (les filles du gardien), mon père nous communiquait son amour pour cette île de la Côte-Nord, sa passion pour la navigation, son admiration et son grand respect pour le fleuve Saint-Laurent.

Je tiens à remercier mon frère, Georges Chouinard, pour son document intitulé «L’Île-aux-Oeufs », qui regroupe des extraits du livre de Damase Potvin Le Saint-Laurent et ses îles avec des photos de l'Île-aux-Oeufs.  Son document m'a grandement incité à créer le site internet concernant le patrimoine maritime de l'Île-aux-Oeufs. Il en va de même pour le site internet de Robert Jourdain concernant les familles pionnières des Ilets-Caribou: les familles Chouinard et Jourdain. Enfin, je remercie également ma mère, Magella Simard Chouinard, d’avoir accepté que soit reproduit plusieurs photos de ses albums de famille, de même que sa peinture à l’huile du phare de l'Île-aux-Oeufs, réalisée en 1980 à la demande de mon père.

 

La page Un marin sur l'île: Albini Chouinard, ajoutée tout récemment au site internet, provient d'un travail de collaboration, de recherche et de partage de documents, mené principalement par mon frère Georges Chouinard et mon cousin Martin Chouinard, concernant notre grand-père Charles-Auguste-Albini Chouinard, le fils aîné du gardien de phare Elzéar Chouinard. Je tiens à les remercier de tout coeur pour ce colossal travail de recherche, pour cette enrichissante mise en commun de nombreux articles de journaux et de photos de famille inédites, sans oublier la patiente numérisation et la rédaction des textes résumant la vie de famille et la longue et impressionnante carrière maritime du capitaine Albini Chouinard. Cette inestimable contribution au site de l'Île-aux-Oeufs, qui permet de découvrir et de mieux faire connaître notre grand-père Albini Chouinard et les exploits de sa carrière maritime, n'aurait jamais pu voir le jour sans leur contribution et leur magnifique collaboration.

 

Ce site est dédié à la mémoire des valeureux gardiens de phare et aussi, aux courageuses femmes de gardien de phare qui, durant plus de 200 ans, ont guidé et aidé de nombreux marins et voyageurs à éviter des catastrophes et tragédies maritimes sur le fleuve Saint-Laurent. Il est important de préserver et de mettre en valeur ce patrimoine maritime unique. Surtout, il est urgent de protéger adéquatement les phares encore existant, ces joyaux inestimables de l'histoire maritime du fleuve Saint-Laurent et de tout le Québec.

                    
Roger Chouinard, Québec, 2020

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