« Le village des Îlets-Caribou a plus de 160 ans d'histoire. Le nom des Îlets-Caribou est

attribuable anciennement à la présence de

Caribous dans les environs. »

«Les Îlets-Caribou, un charmant 
petit

hameau, se compose d'un véritable

chapelet d'îlots, dont deux sont un peu 

étendus. Ces îlots, aujourd'hui dénudés, étaient autrefois, dit-on, ombragés d'arbres, et de nombreux caribous venaient, en été, y chercher

refuge. ​Ces îlots sont reliés à la terre ferme par des dunes de sable. Le village est sur le bord du rivage et date de 1845. »

Texte de Robert Jourdain, qui reprend une partie du texte de M. Ludger Champagne, Baie-Trinité, d'hier à aujourd'hui.

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Village des Îlets-Caribou sur la Côte-Nord, Québec
Village des Îlets-Caribou sur la Côte-Nord, Québec

Le village est situé entre Pointe-des-Monts et Pointe-aux-Anglais, non loin de Rivière-Pentecôte.

Localisation de l’Île-aux-Œufs sur la Côte-Nord entre Pointe-des-Monts--Baie Trinité et la Pointe-au
Localisation de l’Île-aux-Œufs sur la Côte-Nord entre Pointe-des-Monts--Baie Trinité et la Pointe-au

La maison d'Elzéar Chouinard au village des Îlets-Caribou.
La maison d'Elzéar Chouinard au village des Îlets-Caribou.

Village des Îlets-Caribou sur la Côte-Nord, Québec
Village des Îlets-Caribou sur la Côte-Nord, Québec

Le village est situé entre Pointe-des-Monts et Pointe-aux-Anglais, non loin de Rivière-Pentecôte.

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Né le 8 juin 1867, dans le village des Îlets-Caribou, Elzéar Chouinard, provient d'une des familles pionnières des Îlets-Caribou, la familles Chouinard. Son père, François-Xavier Chouinard, un pêcheur, s'est établi aux Ilets-Caribou entre 1862 et 1864 en raison de l'abondance des ressources de la pêche dans ce secteur. Le 28 juillet 1866, il célèbre son mariage avec Mary Wilson «en leur maison des Îlets-Caribou». Pour ce qui est de Mary Wilson, ses parents adoptifs, Jean-Baptiste McClure et son épouse Mathilde Lévesque, demeuraient aux Îlets-Caribou depuis l'année 1853 selon un rapport des pêcheries de l'époque.

Lors du recensement de 1861, il n'y a que trois maisons seulement abritant 3 familles (Lévesque, Desrochers et Volant) dans le secteur des Îlets-Caribou. D'après le recensement du Canada de 1871, la famille Chouinard fait partie de la dizaine de familles qui résident au village de Sainte-Anne des Îlets-Caribou. Leur village compte alors neuf maisons et les familles suivantes: Boucher, Comeau, Labrie, François-Xavier Chouinard et Mary Wilson Chouinard, Charles Jourdain et Marguerite Gagné Jourdain, Napoléon Comeau, James Jourdain et Mary Lévesque Jourdain, et finalement Joseph et Mathilde Lévesque (mère adoptive de Mary Wilson Chouinard).François-Xavier Chouinard, un pêcheur, qui a alors 34 ans et son épouse, Mary Wilson 29 ans, vivent avec leur fils Elzéar Chouinard, lequel n'a que 4 ans, sa soeur Anna, 3 ans et son frère Charles, moins d'un an. Leur famille comptera au total dix enfants: Elzéar, 1867; Anna, 1868; Charles; 1870, Elmire, Joseph, Joseph-Hermas, Marie-Cécilia; Rose-Anna, Mathilda et Joseph-Benoît. 

« Le village des Îlets-Caribou est depuis 1939, une desserte de la paroisse de Baie Trinité et civilement le village fait partie de la municipalité de Baie Trinité. Auparavant, elle était desservie par les missionnaires de Pentecôte. Deux principales familles ont habités et habitent encore les Ilets-Caribous: Les Jourdain et les Chouinard ».


L'arrivée de Mary Wilson aux Îlets-Caribou tient pratiquement de la légende. On raconte qu'en 1848, Mary Wilson, alors jeune enfant, fille de John Wilson (écossais), capitaine à bord du "Royalist" et de Jane Guilfoyle (irlandaise), aurait été rescapée d'un naufrage, par le capitaire John McDougall pour être ensuite confiée à la famille de Jean-Baptiste McClure et sa femme Mathilde Lévesque, originaire de l'Isle Verte. Selon un rapport de pêcherie, la famille McClure-Lévesque aurait demeuré aux Îlets-Caribou depuis au moins l'année 1853. Le recensement de 1861 indique d'ailleurs que Mary Wilson, née en 1843, vit aux Îlets-Caribou avec sa mère adoptive Mathilde Lévesque. Mary a alors 18 ans et elle épousera François-Xavier Chouinard cinq ans plus tard aux Îlets-Caribou.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le recensement du Canada de 1901 des Îlets-Caribou indique qu'Elzéar, agé de 34 ans, est chef de famille et qu'il exerce le métier de "pêcheur". Il sait lire et écrire. Son épouse Élise Fraser Chouinard, née le 4 février 1869 (à l'Île Verte --une descendante de Peter Fraser, le premier Fraser de l'Île Verte), a 32 ans. Elle est d'origine "écossaise", sait lire et écrire, et parle anglais. Le recensement indique aussi que la mère d'Elzéar, Mary Wilson Chouinard, née le 6 juillet 1843, habite dans la même maison. D'origine "irlandaise, sachant lire et écrire, et parlant anglais". Elle est veuve depuis cette même année.

« Et les déménagements quand il était décidé que nous hivernerions à terre!... Quand, à l'automne, la glace n'était pas encore prise et au printemps, quand elle n'était pas encore partie, nous traversions en cométique, un canot sur le traîneau, et nous, assises dans le canot... Quant à notre vache, nous la traversions en chaloupe. Notre laitière était accoutumée à ce mode de transport et se couchait comme un chien dans le bateau. Un automne, elle... ne voulait pas attendre le départ de la chaloupe. Elle avait traversé à la nage, trois milles dans l'eau glacé de fin d'octobre! » raconte Mary Chouinard Jourdain dans Le Saint-Laurent et ses îles de Damase Potvin

Lorsque le phare de l'Île-aux-Oeufs n'était pas en opération, durant l'hiver notamment, de décembre au premier avril, la famille Chouinard se déplaçait de la maison du gardien pour aller passer l'hiver dans leur maison aux Ilets-Caribou, soit à environ 15 km (9 miles) de distance de l'île. « Du début d'avril jusque vers la mi-décembre, la lumière du phare devait briller depuis le coucher du soleil jusqu'à son lever. Le gardien attendait l'autorisation officielle de la garde côtière pour éteindre le phare et fermer la résidence pour la période de l'hiver. Au jour arrêté par le gouvernement, un télégramme était envoyé à un poste sur la terre ferme, d'où on le transmettait ensuite au gardien de phare au moyen d'un feu qu'on allumait sur la grève. »

 

« À ce moment, le gardien, qui surveillait déjà la grève depuis quelques jours, mettait tout en ordre en fermant les lieux pour l'hiver, puis il s'aventurait sur l'eau, souvent à travers les glaces, tout heureux que lui et sa famille se joignent à leurs parents et amis pour célébrer la Noël et passer quelques mois de vie communautaire sur la terre ferme. » Pomerleau, Jeanne, Gens de métiers et d'aventures.​

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